Les villages de Vars

 


Vars Saint Marcellin


marcellin histoire varsLe village de Saint-Marcellin occupe la première place dans l’histoire de la vallée de Vars. Il est certainement le plus ancien car non loin de là, en allant sur Guillestre, des fouilles archéologiques ont permis d’exhumer des objets et bijoux datant pour certains de l’Age du bronze. C’est à Saint-Marcellin qu’était établi jusqu’en 1962 le Chef Lieu de Vars avant qu’il ne soit transféré à Sainte Marie. Implanté sur un éperon rocheux qui surplombe la vallée, le château, dont il ne reste que quelques vestiges d’une tour du XIème siècle tout comme l’église du village dont le chœur date du XIIIème siècle sont la preuve que l’homme s’est installé depuis fort longtemps en ce lieu. Le temple quant à lui, reconstruit au XIXème siècle, témoigne de l’importance de la communauté protestante.


Vars Sainte-Marie


vars st marie notre dame histoireDevenu depuis 1962 Chef lieu de la vallée de Vars par souci de mieux faciliter les échanges depuis l’ouverture des Claux, le village de Sainte-Marie nous apparaît aujourd’hui comme le véritable centre administratif puisqu’y ont été érigés la mairie et le bureau de poste. Le sens de circulation a également été modifié puisque la rue principale a été déplacée plus à l’ouest d’où elle se trouvait précédemment, ceci pour prévenir l’énorme flux des véhicules en périodes de vacances. Par ailleurs, l’ancienne église Notre-Dame a depuis 1970 été remplacée par un centre œcuménique qui rassemble cultes catholiques et protestants. Le commerce se concentre le long de la rue principale et se compose essentiellement de produits saisonniers: hôtels, restaurants, loisirs… Le village de Sainte-Marie, porte d’entrée du domaine skiable, est le lieu des premiers aménagements avec le front de neige des Peyniers et celui de l’Olympique où demeure une partie des plus belles pistes de la Forêt Blanche. Les toutes premières remontées mécaniques ont été implantées en plein cœur du hameau tout comme de nombreux hôtels créés pour la plupart dans d’anciennes bâtisses à l’architecture locale et traditionnelle. Les principales institutions occupent une importante place dans la vie du village et de Vars dans sa totalité.


Vars Sainte-Catherine


st catherine vieille photo vars alpesLe village de Sainte-Catherine, ancien grenier de la commune, est sans aucun doute celui qui a le plus gardé son caractère montagnard. On y retrouve de nombreux témoignages de l’architecture montagnarde… La quasi totalité des maisons, pour la plupart d’anciennes fermes, sont bâties dans le respect de la tradition : rez-de-chaussée en pierre, étage supérieur en bois, balcon pour faire sécher le linge. Un cadran solaire est conservé en façade de l’une des maisons. Il rappelle qu‘en 1883, un incendie avait détruit tout ou partie du village.

Sainte Catherine, qu’on appelle également la Fortune, ne possède plus d’église, qui a du être détruite lors de l’élargissement de la route, mais le village a conservé son lavoir communal, ses balcons traditionnels en bois de mélèzes, ses gruates (poulies servant à engranger les meules de foin), son four banal.

Les enfants en âge d’être scolarisés, fréquentent tous l’école de Sainte Catherine à côté de laquelle a été conservée la cloche de l’ancienne église paroissiale, sans doute placée sous le vocable de Sainte Catherine de Sienne, celle là même qui réussit à faire revenir les Papes d’Avignon à Rome. Idéalement implanté en plein sud, il ravi les habitants de ce village.

fortunae fortune vars st catherine


Vars Les Claux


vars les claux histoireLe village de Vars Les Claux, créé avec la station, se fond dans une forêt de mélèzes aux pieds des crêtes de l’Eyssina. Les Claux, dont la construction a débuté en 1960 en même temps que le démarrage de l’important effort d’équipement, bénéficie aujourd’hui de toutes les structures nécessaires à la bonne organisation d’un séjour à la montagne. Les équipements, le grand ski, les infrastructures d’une grande station, et les loisirs après ski se retrouvent, dans une harmonie totale, pour le plaisir de tous, en cœur de station.

 

 


Quelques mots d’histoire


De la Préhistoire à l’Antiquité


Comme la plupart des vallées alpines, celle de Vars est déjà fréquentée par l’homme vers 4 000 av. J.-C. De récente fouilles ont mis au jour à proximité du village de Saint-Marcellin une fibule qui atteste d’une fréquentation plus tardive à époque gallo-romaine, ce qui correspond à l’âge du bronze final. La vallée de Vars unissant celle de la Durance et celle de l’Ubaye était probablement un lieu de passage important. C’est au long de cette route que vont s’implanter les premiers établissements humains. Il a sans doute fallu beaucoup de temps avant que les populations de la vallée de la Durance, plus grande et plus attractive, montent plus haut s’installer de façon saisonnière puis permanente pour y construire les premiers habitats.

 


Le Moyen Âge


vars map carteL’histoire médiévale de la vallée de Vars est très mouvementée. Elle commence avec la conversion au christianisme de la région au IVe siècle par saint Marcellin alors évêque d’Embrun, à qui une église est toujours dédiée. Au Xe siècle, prennent fin les dernières batailles contre les sarrasins sur le col de Vars. Privée de véritable suzerain, la région est régulièrement pillée par des bandes de routiers, ce qui freine son développement. Avec l’aide du Saint-Empire romain germanique, l’archevêque d’Embrun, seigneur de l’Embrunais et du Haut-Embrunais, affirme son autorité entre le Xe et le XIIe siècle, comme l’atteste la première mention écrite de Vars en latin (Varcium) sur une bulle pontificale du XIIe siècle du temps d’Eugène III. C’est l’époque à laquelle sont construits les bâtiments les plus anciens dont nous avons gardé des traces à Vars (le château et l’hospice de la Madeleine).


L’Époque Moderne


La topographie de la montagne favorise l’isolement et la naissance de nombreuses particularités par rapport aux grands berceaux de civilisations. C’est ainsi que les protestants des centres urbains se réfugient dans les Hautes-Alpes. Des tensions naissent entre protestants et catholiques. Dans ce contexte, Vars comme d’autres villages des hautes vallées, a davantage été un refuge qu’un lieu d’affrontements. L’archevêque d’Embrun engage vers 1530 une vaste campagne de construction et de restauration d’églises, le but étant de relancer leur fréquentation et donc la pratique catholique alors que dans bien des villages, les réformés étaient majoritaires. C’est à cette époque que les églises de Saint-Marcellin et de Sainte-Marie sont construites. Durant les guerres de religions de 1562 à 1598, Vars est le théâtre de défilés militaires et d’escarmouches, sans être dramatique touché. Avec la proclamation de l’edit de Nantes en 1598, ces querelles prennent fin. Il semble que la cohabitation entre les communautés ne pose pas de problème. En 1684, un arrêt du Conseil royal interdit l’utilisation des temples de Sainte-Marie et de Saint-Marcellin construits au siècle précédent. De nombreux Varsincs quittent la vallée, la population se réduit considérablement.

En 1692, Vars connaît le pire moment de son histoire avec le passage des armées du duc de Savoie qui pillent, incendient et détruisent les villages, abattant les clochers des églises pour récupérer les cloches. Après Guillestre et Embrun, ils attaquent Gap, déçus, sur la route du retour ils pratiquent la politique de la terre brûlée et détruisent Vars. La tradition rapporte que les 80 habitants restant à Vars à l’époque se sont cachés dans la forêt au pied de l’Eyssina, qui a pris par la suite la nom de forêt des Escondus (« les cachés »). Ce pillage resta longtemps dans les mémoires.


L’Époque Contemporaine


 

Il faut attendre 1853, pour que la route actuelle du col de Vars soit réalisées par l’armée sous la direction du Général Baron Berge, de manière à permettre le franchissement de la vallée autrement que par dos de mulet. Le développement industriel au XIXe siècle n’atteint pas Vars. Seule la production agricole se maintient et la quasi-totalité est consommée sur place. Le XIXe siècle fait place à un phénomène de dépopulation. Beaucoup de Varsincs émigrent à Marseille et ailleurs, et deviennent charcutiers, enseignants, libraires ou marchands.


Vestiges disparus


L’église de Sainte-Marie (Notre-Dame)

Probablement construite au XIIIe siècle, il ne reste plus aucune trace de l’édifice. De nombreuses pierres en marbre reconnaissable à leur couleur rosée, ont été remployées aux maisons de Sainte-Marie.


L’église de Saint-Marcellin

Elle est le vestige le plus ancien de la vallée avec le château, est une preuve que l’homme s’est installé depuis fort longtemps en ce lieu, véritable porte d’entrée. Elle date vraisemblablement du XIIIème siècle même si elle a été maintes fois détruite par les invasions et les guerres, et reconstruite par la suite.

eglise st marcellin vars

Le portail est précédé comme beaucoup d’autres édifices religieux de la même époque par deux lions dits « stylophores » car ils soutenaient autrefois des piliers qui eux même soutenaient un porche. Du reste, de chaque côté de l’arc du portail, on peut encore voir deux départs d’arrêtes qui le laissent à penser. Ces deux lions sont taillés dans du marbre rose de Guillestre. C’est entre ces deux félins que le prince Archevêque d’Embrun venait rendre justice, on disait alors « Inter Leones ». Les artistes qui les ont sculptés étaient très certainement lombards car partout où ils sont intervenus, que ce soit dans les Hautes Alpes ou en Piémont, les églises sont toutes précédées à chaque fois de lions, même s’ils sont souvent de facture différente, tout comme à Embrun, Guillestre, Saint-Véran, ou encore en Italie du Nord, à Modène, Ferrare ou Crémone. Le portail est quant à lui surmonté d’un arc en plein cintre supporté par des colonnes en retraite successive.

Des chapiteaux sont décorés de mascarons et de coquilles faisant ainsi référence au pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle. Sans doute, des Varsincs ont fait le « Camino de Santiago » et en remerciement d’un vœu exaucé, ont peut être participé au financement de la construction de l’Eglise. Le linteau qui se trouve au dessus du portail est orné d’une bande nervurée et marquée en son centre du monogramme grec « IHVS » qui signifie « Iesus Hominum Salvatorem » « Jessus, sauveur d’hommes »

Aussi curieux que cela soit-il, la façade est percé d’une rosace qui se trouve placée en dissymétrie par rapport au portail. Une rumeur circule que le portail et les lions seraient un remploi de l’église de Sainte Marie lorsque celle-ci fut détruite lors des guerres de Religion mais aucun document ne vient confirmer cette hypothèse.

On peut au contraire imaginer que cette rosace a été percée pour éclairer la tribune qui à l’intérieur de l’église aurait pu être installée. Mais celle-ci n’y est plus et le mystère continue à planer… Pour mémoire citons que l’église Santa Maria del Poggio à Saorges dans la vallée de la Roya (Alpes Maritimes) présente la même originalité. Enfin rappelons que l’église est placée sous le vocable de Saint-Marcellin. Ce dernier qui fut le premier Evêque d’Embrun de 354 à 374 et le grand évangélisateur des Hautes-Alpes, mourut en martyre après s’être réfugié dans le haut de la vallée de Crévoux. Une pierre sur laquelle il s’appuya, en porte, dit-on la trace. L’intérieur de l’église ne présente rien de particulier si ce n’est un chœur pentagonal probablement de la fin du XVème siècle voire du début du XVIème siècle.


Le temple protestant de Saint-Marcellin


Son architecture ne présente rien de particulier si ce n’est qu’il pourrait facilement faire penser à n’importe quelle chapelle de montagne. Bâti en pierre entre 1815 et 1825, ses murs sont extérieurement blanchis à la chaux. Le clocher est en bois et couvert d’ardoises. L’intérieur qui ne se visite pas, renfermait jadis une imposante bibliothèque composée de livre Réformés et le « Grenier d’Abondance » du village. Le principal objet de « ses réserves » était de venir, dans les années de disettes, au secours des petits cultivateurs; ceux-ci rendaient, dans un moment d’abondance, le grain qu’ils avaient emprunté, avec l’intérêt d’un douzième en nature par chaque récolte écoulée jusqu’à la libération. De cette façon, et pour peu qu’ils fussent exacts, ils gagnaient sur le prix réel des céréales, et le grenier obtenait une indemnité suffisante pour ses frais de manutention et déchets et pour son accroissement successif. La tradition se poursuivit jusqu’en 1836, date à laquelle un arrêté préfectoral y mit fin car pensait-on les années difficiles ne seraient plus! Jusque dans les année 50, la cloche du temple sonnait encore « les corvées » autrement dit les journées de travail dues pour payer les impôts locaux (entretien des canaux d’irrigation et chemins). Un cimetière entoure le temple. Il accueille, parfois encore, les différentes activités menées au sein du centre œcuménique de la commune de Vars.


Le château de Vars


Dès le XIIe siècle, des sources écrites mentionnent le château de Vars. Il comporte une tour circulaire d’environ cinq mètres de diamètre et un mur d’enceinte rectangulaire. Un autre château plus petit se trouve au dessus du village de Sainte-Marie au lieu-dit du Chastarlet. Tous deux sont trop petit pour abriter une véritable garnison. Le château de Saint-Marcellin possède cependant une enceinte qui a éventuellement permis à quelqu’uns de s’y réfugier pour échapper aux bandes armées qui sillonnent les campagnes à cette époque.

Le château est non seulement un tour de guet pour mais aussi une représentation symbolique du pouvoir de l’archevêque sur le territoire. Le châtelain de Vars est nommé par l’archevêque qui choisit quelqu’un parmi les habitants des villages. Il joue le rôle d’un magistrat chargé de veiller au respect du droit.


Le premier livre sur Vars vient de paraître…

Vars, grande station de tourisme d’hiver et d’été, actrice économique majeure des Alpes du Sud, plonge ses racines dans un vaste patrimoine naturel, culturel, et humain.

Il y a encore deux ou trois générations, les soirs de veillées, les varsincs se rassemblaient et la transmission orale construisait un patrimoine vivant.

Poursuivant cette tradition, ce livre veut être la mémoire vive des Ainés qui l’ont rédigé ensemble pour les nouvelles générations.

vars-passage-et-refuge

Pour aller plus loin….


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Rencontre avec les Varsincs, ou Vars exemple de village alpin et de la transition touristique, découvrez les témoignages en vidéo.

Histoire / patrimoine / mémoire / tradition

 

 

 

 


Une pensée sur “Les villages de Vars

  • 16 août 2016 à 11 h 40 min
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    Vars a tous les mérites d’un village Français .

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